L'époque romaine :
On peut envisager à cette époque une population sédentaire installée autour des sources de Sainte-Claire vouant Hercule (Dieu romain des sources). Le site actuel de notre ville faisait partie du « mathois » (pays arrosé par l'Alzette, la Chiers et la Crusnes), territoire situé sur la frontière linguistique entre le roman et le germanique.
Sur la côte de Rédange des vestiges d'anciens thermes romains seront découverts.
Sur le Titelberg ce sont les restes d'un ancien camp romain qui furent mis au jour.
Sur l'actuel échangeur routier de Tiercelet, un croisement de voies roumaines fut constaté, une menant à Trêves, l'autre reliant Longwy à Angevillers.                                                                                    
Hilde sur l'Alzette :
La première existence du village actuel de Thil, en archives reconnues, date de l'an 803 après JC, sous le nom de Hilde sur Alzette.
Ceci se situant après la fin de l'époque romaine, après la fin des invasions barbares (la ville de Metz étant entièrement détruite par les huns) et pendant la toute-puissance du royaume Charlemagne. Durant cette période la religion catholique se structure, c'est la période des évangélisations et c'est en ces temps que l'on peut supposer qu'apparut l'appellation Sainte-Claire. Une coutume existera jusqu'au début du 20ème siècle, celle-ci conférait aux eaux de Sainte-Claire une action thérapeutique sur les maladies et maux des yeux.
Le moyen-âge
Thil fait partie s'un territoire appelé « pagus Mattensis » dépendant d'Aumetz (10ème siècle) puis Luxembourg.
A partir du 13ème siècle le village de Thil s'inscrivait dans la seigneurie d'Audun dépendante de la châtellenie de Longwy elle-même étant une terre du duché de Bar.
Le 1er octobre 1255 Henri le comte de Luxembourg, dans le cadre de la succession de son père et de sa mère, remet à Ferri duc de lorraine : « Ames (Aumetz), Crusnes, Errouville, Sufflange, Rosanges, Ragecourt, Thil, Amiers, Saint Léger, Obange et Esch »
Par la loi de Beaumont (1255) Thil et de nombreuses villes et villages sont affranchis, c'est la naissance des biens communaux. Le 30 septembre 1292 le duc de Lorraine Ferri vendit la châtellenie de Longwy avec château, fiefs et arrière-fiefs au comte Henri III de bar.
En juin1370 le Duc Robert Bar rachète Longwy au Duc de Luxembourg. En cette période le village de Thil passa de mains en mains avec la châtellenie de Longwy et sur de nombreux écrits on constatait l'existence reconnue et de bonne importance du moulin de Tutange (Sainte-Claire) du terrage et du four de Thilhe (Thil).
De 1500 à 1766 :
Il existe peu d'informations concernant Thil au XVIème siècle, on sait cependant que le moulin de Tutange (sainte-claire) appartenait à la prestigieuse famille De Malberg seigneurs d'Audun. Toutes fois en 1602 des documents confirment l'appartenance du moulin au Duc de Lorraine. La guerre de tante ans (1618 à 1648), une guerre européenne ayant pour causes des motifs religieux et autres.
Les environs de Longwy ont été ravagés durant la guerre de trente ans par les français (1631), Suédois de Bernard de Saxe-Weimar (1635) et enfin par les troupes impériales, polonaises, hongroises, croates qui, envoyées pour défendre le pays, s'y signalèrent surtout par leurs pillages et leurs atrocités. Des atrocités telles que Thil, comme de nombreux autres villages, perdit tous ses habitants, les survivants se réfugiaient dans les bois. Thil resta sans habitants pendants au moins une dizaine d'années.
Le royaume de France, en 1679, envahit de nouveau la Lorraine, le Duc est défait, il est contraint de se séparer de la ville de Longwy. En 1688 débute « la guerre de la ligue d'Augsbourg », la Lorraine est de nouveau envahie par Louis XIV, cette guerre se termine en 1697 par le traité de Ryswick, la France libère le duché de Lorraine mais garde la ville de Longwy.

Au traité de Paris en 1718, la France annexe Longwy et 12 villages, la seigneurie d'Audun restera Lorraine ; ce ne fut qu'en 1766, à la mort de Stanislas Leczinski, duc de Lorraine, que Thil devint Français. Apres la guerre de trente ans, la Lorraine meurtrie et dépeuplée a accueilli sa première vague d'immigrants composée d'anglo-saxons et des germaniques.
De 1789 à 1914 :
Thil est dons devenue française 23 années avant la révolution de 1789.
Thil, village français sera, comme tous les autres villages de France, réorganisé suivantes nouvelles constitutions républicaines. On notera le 19 août le passage des troupes prussiennes venant au secours de Louis XIV, en provenance du Luxembourg, certaines d'entre elles passèrent entre Thil et Hussigny. Ces troupes après le siège de Longwy (19 à 23 août 1792) seront arrêtées et défaites sur leur trajet en direction de Paris au village de Valmy (marne) le 20 Septembre de la même année.  Sur le chemin de retour, ces troupes prussiennes séjournèrent en pays de Longwy du 18 au 22 Octobre 1972. Le 14 Juillet 1812, la ville de Thil perd son statut de commune et paroisse autonomes pour être intégrée à celles de Villerupt.



Le 16 août 1841, Thil est réhabilité en commune autonome indépendante de Villerupt. En cette époque 1844, consécutivement à l'expansion prise par le village de Thi, l'église « Notre Dame» datant du 14ème siècle, pouvant accueillir une quarantaine de fidèles est considérée justement comme étant trop excentrée en rapport au nouveau centre du village, trop petite suite à l'essor de population apportée par le développement des métiers du fer, de la fonte et le l'acier, trop difficilement accessible vu sa situation en une zone escarpée ; l'église sera détruite et l'église siègent encore actuellement place du 8 mai 1945 sera construite.

Entre 1849 et 1852, une épidémie de choléra sévit dans le pays-haut, les habitants de Thil érigent une croix entre Thil et Villerupt pour arrêter cette épidémie. C'est en cette époque, le début de l'essor métallurgique, le 5 mars 1866 est constituée la société de « Villerupt et Sainte Claire ».



En aout 1870, pendant la guerre franco-prussienne, des combats sont signalés aux alentours de Thil, de nombreux migrants alsaciens-lorrains intègrent notre région afin de garder la nationalité française. En 1878 est inaugurée la ligne de chemin de fer Longwy-Thil-Villerupt.
En 1886, commence l'exploitation de la mine de Tiercelet sur le territoire de notre ville, et est promulgué le décret octroyant la concession de Bréhain aux aciéries de Micheville, ceci le 10 Mars de la même année. Ces années marquent également l'arrivée sur notre territoire de nombreux travailleurs italiens, puis suivront les polonais.
Mines de fer - Fonderie - Siderurgie
Déjà à l'époque romaine, et probablement bien avant on trouve des traces de petites unités autonomes produisant et travaillant le fer sur le territoire Thillois (source de l'Alzette à Sainte-Claire) et ses environs.
Au moyen-âge ces forges ou bas-fourneaux quittent les hauteurs pour s'implanter dans les vallées. En 1526, il est fait note de la forge de Villerupt située le long de l'Alzette entre les villages de Thil et Villerupt.
Les métiers du fer : bûcheron, fondeur, manoeuvre, mineur, dresseur, platineur, affineur, …forgeron ont une présence croissante entre les années 1744 et 1792. Le développement se poursuivre tout au long du XIX siècle, avec l'apparition des hauts-fourneaux à chauffage bois puis coke, des souffleries à vapeur puis hydraulique… En 1828, un laminoir à tôles avec deux fours à réverbères sera érigé sur le ban de sainte-claire, cette usine se développera du fer et de la fonte s'y rattachant.
En 1881 la Cie Chantillon-Commentery prend l'usine de Villerupt et Sainte-Claire e fermage pour une durée de 60 ans, mais en 1894 elle cède son bail à Aubrives pour concrétiser la naissance de la Cie « Aubrives-Villerupt ».
 




L'Activité minière de développa fortement au cours du XIXèmeavec l'apparition : en 1843 la concession de Villerupt, la concession de Micheville en 1874, la concession de Tiercelet de 1882 à 1884, la concession de Bréhain en 1886 ces concessions affleuraient sur le territoire thillois, et de nombreuses galeries partant de notre ville quadrilleront le sous-sol ferrifère environnant. L'activité minière durera jusqu'à l'année 1980, l'activité de transformation s'arrêtera le 31 décembre 1968.
La population évoluant en cette période de310 habitants en 1844 à un maximum de 1962 de 3194 habitants. La fin des activités minières et métallurgiques mettra fin à l'essor de Thil sa population en 1999 ne comptera plus que de 1572 habitants ; depuis, suite à la proximité luxembourgeoise, la population croit de nouveau et devrait avoisiner les 2500 âmes à l'horizon 2015.
La grande guerre 1914-1918 :
Thil sera occupé par les troupes allemandes du 8 août 1914 au jour de l'armistice du 11 novembre 1918.
Le bilan de cette guerre se traduit en quelques chiffres : 142 mobilisés dans les troupes françaises, 39 morts au combat, 4 blessés, douze militaires décorés.
Par décret présidentiel Thil obtiendra la Croix de Guerre le 5 février 1921. Pendant cette guerre, la commune thilloise assurera avec vigueur et difficultés l'approvisionnement en subsistances destinées à ses administrés et les paiements de contribution de guerre aux armées allemandes.
La seconde guerre mondiale 1939-1945 :
Le 2 septembre 1939, la guerre est déclarée entre le IIIème Reich allemand et la république française. Dès cette déclaration de guerre les habitants de Thil, comme tous ceux placés devant la ligne Maginot, furent évacués vers les départements de la Vienne et de la Gironde ; les Thillois majoritairement seront dirigés sur Saint-André de Cubzac.
Cette période appelée « la drôle de guerre » se termina par le retour de l'exode de novembre 1940 à mars 1941, et l'invasion de la France par les troupes allemandes le 13 mai 1940. Thil est alors située en zone occupée, le gouvernement de Vichy s'installe et les allemands occupent les installations minières.
Le camp de Thil
La présence d'un camp de concentration, kommando du Struthof sur le territoire de cette commune est attestée par un rapport de mars 1951 provenant des archives d'Arolsen (service international de la croix rouge).



Désigné alors sous le nom de "camp de travail de Erz ", le camp de Thil-Longwy a, selon toute vraisemblance, fonctionné du 10 mai 1944 jusqu'au mois de septembre de la même année, date de son évacuation due à l'avance des armées alliées.

Les raisons de son implantation dans le Nord de la Meurthe-et-Moselle s'expliquent notamment par la présence, dans la région, de nombreuses mines de fer.



En effet, après le bombardement de Peenemunde dans la Baltique, principal centre de fabrication des fusées V1 et V2 censés, selon les nazis, renverser en leur faveur le cours de la guerre, les autorités allemandes se sont mises à chercher d'autres sites aménageables. La mine de Tiercelet à Thil, avec ses 250.000 m2 de superficie, a donc été choisie comme usine souterraine devant servir d'unité de fabrication des V1 et V2.

On estime que quelques 800 à 900 déportés sont passés par ce camp. Il furent tours évacués fin août 1944 vers KOCHENDORF
 
Les troupes américaines entraient dans Thil le 10 septembre 1944.

Le camp de Thil est reconnu par la nation comme camp de concentration, il est le seul camp de ce genre situé sur le territoire français en zone non-annexée par e IIIème Reich. Durant cette guerre Thil vit beaucoup d'enfants tués au combat, lâchement fusillé, arbitrairement déportés pour y mourir ou en revenir physiquement et psychologiquement détruits.
 
 « RODINA »
Thil a été marquée par la présence de femmes russes et biélorusses, travailleuses forcées dans la mine.
Ces jeunes filles, résistantes capturées par la Gestapo près de Leningrad et à Minsk, ont été employées aux travaux les plus difficiles d'extraction du minerai de fer et à la construction de l'usine souterraine. Une partie de ces jeunes filles est morte lors d'un éboulement dans la mine.
Mais 37 d'entre elles, mues par un incroyable instinct de survie et avec l'aide de la Résistance française, s évadèrent et fondèrent l'unique unité combattante exclusivement féminine RODINA pour intégrer la résistance française. 
De 1945 à nos jours :
A la fin de la guerre ce fut le temps de l'union nationale pour la reconstruction, il fallait oublier, soit à remettre chacun à sa place, soir à haranguer à sermonner pour réinstaller un ordre mondial similaire à celui qui engendra les guerres que l'on se promettait de définitivement empêcher.



Cette reconstruction permit beaucoup de travail ce qui imposa beaucoup de luttes et de réussites syndicales, les conditions de vie s'amélioraient, le travail devint une valeur reconnue et estimée dans nos sociétés. La décennie des années 1960 sera la décennie qui envisagea et désira le bonheur, une insubordination vite corrigée qui amena lentement mais surement au déclin affligeant la première décennie des années 2000.



Thil perdit l'activité minière, l'activité métallurgique et l'ensemble des métiers et professions induits, Thil ne doit son petit salut qu'à son voisinage luxembourgeois. L'histoire montre que rien n'est jamais acquis, que tout est envisageable, souhaitons donc à Thil et surtout à ses habitants un avenir humain plein de bonheur.